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GEGAndré Guigay

Avant toute formalité

Quel statut juridique choisir pour votre entreprise

Micro-entreprise, EI, EURL, SARL, SASU, SAS : le comparatif sur les cinq critères qui décident réellement, et ce que les tableaux en ligne laissent en note de bas de page.

Par où commencer

Micro-entreprise, entreprise individuelle ou société

La première question n'est pas « SAS ou SARL », c'est « faut-il une société ». Et elle commence par une confusion à lever : la micro-entreprise n'est pas un statut juridique. C'est un régime fiscal et social de l'entreprise individuelle. On ne choisit donc pas entre « micro » et « EI » — on choisit entre l'entreprise individuelle et la société, puis, en entreprise individuelle, entre le régime micro et le régime réel.

Depuis le 15 mai 2022, l'entrepreneur individuel a son patrimoine personnel protégé de plein droit. La responsabilité, longtemps le premier argument en faveur de la société, n'est donc plus le critère qui les sépare. Ce qui les sépare aujourd'hui tient en trois lignes du tableau ci-dessous : le régime social, la fiscalité, et ce qui se passe à la sortie.

Plafonds du régime micro — recettes 2026

Vente de marchandises, hébergement
203 100 €
Prestations de services, activités libérales
83 600 €

Ces plafonds sont la sortie de route, pas le seuil de décision. Le vrai seuil arrive bien avant : dès que vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire, vous payez de l'impôt sur un bénéfice que vous n'avez pas réalisé.

Le comparatif

Cinq critères, quatre statuts, et ce que chacun implique réellement

La SCI ne figure pas dans ce tableau : elle ne répond pas à la même question — détenir un bien n'est pas exercer une activité — et elle a sa propre page.

ResponsabilitéCe que vos créanciers peuvent atteindre si l'activité tourne mal.

Micro-entreprise

Patrimoine personnel protégé de plein droit depuis le 15 mai 2022 : seul le patrimoine professionnel répond des dettes de l'activité.

Entreprise individuelle au réel

Identique. La séparation des patrimoines ne dépend pas du régime fiscal, mais du statut.

EURL / SARL

Limitée aux apports. Deux brèches fréquentes : la caution personnelle exigée par la banque, et la faute de gestion du gérant.

SASU / SAS

Limitée aux apports, mêmes brèches. La forme de société ne change rien sur ce point.

Régime social du dirigeantLe poste de charges le plus lourd, et la couverture que vous aurez en face.

Micro-entreprise

Travailleur non salarié. Cotisations sur le chiffre d'affaires encaissé, pas sur le bénéfice : 12,3 % en vente, 21,2 % en prestations commerciales et artisanales, 25,6 % en activité libérale. Pas de chiffre d'affaires, pas de cotisation.

Entreprise individuelle au réel

Travailleur non salarié. Cotisations sur le bénéfice réel, de l'ordre de 45 %. Des cotisations minimales restent dues même à bénéfice nul.

EURL / SARL

Gérant majoritaire : travailleur non salarié, environ 45 % du revenu. Cotisations minimales dues même sans rémunération. Pas d'assurance chômage, retraite moins bien dotée.

SASU / SAS

Président : assimilé salarié, régime général, couverture d'un cadre — sauf l'assurance chômage. Environ 80 % du net en cotisations. Aucune cotisation si aucune rémunération n'est versée.

Fiscalité des bénéficesQui paie l'impôt : vous, ou la société.

Micro-entreprise

Impôt sur le revenu, calculé sur le chiffre d'affaires après abattement forfaitaire — 71 % en vente, 50 % en prestations BIC, 34 % en activité libérale. Aucune charge réelle n'est déductible.

Entreprise individuelle au réel

Impôt sur le revenu sur le bénéfice réel, charges déduites. L'option pour l'impôt sur les sociétés est ouverte depuis 2022.

EURL / SARL

SARL : impôt sur les sociétés par défaut. EURL à associé unique personne physique : impôt sur le revenu par défaut, option IS possible. Le taux réduit de 15 % s'applique jusqu'à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà.

SASU / SAS

Impôt sur les sociétés par défaut, mêmes taux. L'option pour l'impôt sur le revenu est limitée à cinq exercices et aux sociétés de moins de cinq ans.

Capital et apportsCe qu'il faut réellement sortir le jour de la constitution.

Micro-entreprise

Aucun capital : il n'y a pas de personne morale, donc rien à constituer.

Entreprise individuelle au réel

Aucun capital, pour la même raison.

EURL / SARL

1 € de capital minimum. 20 % des apports en numéraire libérés à la constitution, le solde dans les cinq ans.

SASU / SAS

1 € de capital minimum, mais 50 % des apports en numéraire libérés à la constitution. Le montant à sortir le premier jour n'est donc pas le même qu'en SARL.

Sortie et transmissionSe décide à la création : après, c'est une modification statutaire.

Micro-entreprise

Pas de titres à céder : on cède le fonds, ou on transmet le patrimoine professionnel en une seule opération depuis 2022.

Entreprise individuelle au réel

Identique.

EURL / SARL

Cession de parts sociales, droit d'enregistrement de 3 % après un abattement de 23 000 € réparti au prorata des parts. Agrément des associés obligatoire pour céder à un tiers.

SASU / SAS

Cession d'actions, droit d'enregistrement de 0,1 % sans abattement. Aucun agrément, sauf si les statuts en prévoient un — d'où l'importance de les écrire.

Chiffres vérifiés en septembre 2026 — service-public.gouv.fr, Urssaf, art. 726 du CGI et art. L131-6 du code de la sécurité sociale. Le taux réduit d'impôt sur les sociétés suppose un capital entièrement libéré, un chiffre d'affaires inférieur à 10 M€ et une détention à 75 % au moins par des personnes physiques.

Ce qui tranche vraiment

Les trois arbitrages qui reviennent à chaque rendez-vous

SAS ou SARL

Le président de SAS coûte plus cher à rémunérer, et couvre mieux. Le gérant majoritaire de SARL coûte moins cher, et couvre moins bien.

À rémunération nette identique, l'écart de cotisations entre les deux est de l'ordre du simple au double. Ce n'est pas un surcoût gratuit : c'est de la retraite et des indemnités journalières. Le calcul se fait sur votre rémunération cible, pas sur un principe — et il bascule souvent autour du moment où vous commencez à vous verser un vrai salaire.

Dividendes

En SARL, les dividendes du gérant majoritaire sont chargés au-delà de 10 % du capital, des primes d'émission et du compte courant. En SAS, ils ne le sont jamais.

C'est le point que les comparatifs en ligne mentionnent en note de bas de page, et c'est celui qui coûte le plus cher quand on le découvre après coup. Un gérant majoritaire qui se rémunère principalement en dividendes se retrouve avec environ 45 % de cotisations sur la part qui dépasse le seuil. Si votre schéma de rémunération passe par les dividendes, il oriente le choix du statut — pas l'inverse.

Micro-entreprise ou société

La micro cesse d'être intéressante quand vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire, bien avant d'atteindre les plafonds.

L'abattement est de 34 % en activité libérale, 50 % en prestations commerciales, 71 % en vente. Si vos charges représentent davantage, vous payez de l'impôt sur un bénéfice que vous n'avez pas réalisé — et vous ne récupérez pas la TVA. Le seuil de bascule est propre à votre activité : il se calcule, il ne se devine pas.

Selon l'activité

Deux cas où le statut n'est pas la première question

Pour la plupart des projets, le tableau ci-dessus suffit à cadrer le débat. Dans deux cas, non — et s'y prendre dans le mauvais ordre coûte un montage à refaire.

Transport routier de marchandises

L'activité est réglementée : capacité financière à justifier, licence à demander, et un gestionnaire de transport titulaire de l'attestation de capacité professionnelle à désigner. Ces contraintes pèsent sur les statuts eux-mêmes — les écrire avant de savoir qui dirigera l'activité de transport oblige à les reprendre.

Quel statut pour une société de transport

Détention immobilière

Une SCI ne s'oppose pas à une SAS ou à une SARL : elle ne sert pas à exercer une activité, mais à détenir et à transmettre. La vraie question y est le régime fiscal — IR ou IS — et elle se tranche avant l'acquisition, pas après.

SCI et montage immobilier

Une fois le statut choisi

Où se dépose votre dossier

Le statut, lui, ne dépend pas de la commune : la réponse est la même partout en France. Ce qui change d'une ville à l'autre, c'est le greffe qui immatricule votre société et délivre votre Kbis — il découle du siège social déclaré dans vos statuts, et non de l'endroit où vous travaillez.

Toutes nos prestations de création d'entreprise

Tribunal de commerce de Bayonne

Tribunal de commerce de Cahors

Tribunal de commerce de Libourne

Tribunal de commerce de Périgueux

Ces pages donnent le greffe compétent, le réseau consulaire, les aides mobilisables et les chiffres INSEE de créations de la commune. Ailleurs en France, le dossier se traite de la même façon — téléphone, visio et signature électronique.

FAQ

Questions fréquentes

Quel statut juridique choisir pour créer son entreprise ?
Il n'y a pas de bon statut dans l'absolu, il y a un statut qui correspond à trois choses : le revenu que vous comptez vous verser, le nombre d'associés, et ce que vous voulez faire de la société dans cinq ans. Le reste est du bruit. Un créateur seul qui vise 2 000 € net par mois n'a pas le même intérêt qu'un créateur seul qui vise 6 000 €, avec exactement le même projet. C'est pour cela que la question se règle en vingt minutes d'échange sur vos chiffres, et pas en remplissant un formulaire.
SAS ou SARL : laquelle choisir ?
La différence qui compte est le régime social du dirigeant. En SAS, le président est assimilé salarié : couverture d'un cadre, hors chômage, pour environ 80 % du net en cotisations. En SARL, le gérant majoritaire est travailleur non salarié : environ 45 % du revenu, mais une retraite et des indemnités journalières plus faibles, et des cotisations minimales dues même sans rémunération. S'ajoutent deux points souvent découverts trop tard : les dividendes du gérant majoritaire sont chargés au-delà de 10 % du capital, et une cession de parts de SARL suppose l'agrément des associés là où une cession d'actions de SAS est libre par défaut.
SASU ou EURL : quelle différence quand on est seul ?
Ce sont les versions unipersonnelles de la SAS et de la SARL, donc l'écart social est le même. Une différence s'y ajoute : l'EURL dont l'associé unique est une personne physique est à l'impôt sur le revenu par défaut, la SASU est à l'impôt sur les sociétés. Ce n'est pas un détail de formalité — cela change qui paie l'impôt et quand. En pratique, la SASU est souvent choisie par un dirigeant qui ne se rémunère pas la première année, puisqu'aucune cotisation n'est due tant qu'aucune rémunération n'est versée ; l'EURL l'emporte plus souvent dès qu'une rémunération régulière et modeste est en jeu.
Micro-entreprise ou société : à partir de quand faut-il basculer ?
Pas au plafond de chiffre d'affaires — bien avant. La micro calcule votre impôt sur un bénéfice forfaitaire : 71 % d'abattement en vente, 50 % en prestations commerciales, 34 % en libéral. Dès que vos charges réelles dépassent cet abattement, vous payez de l'impôt sur un bénéfice que vous n'avez pas réalisé, et vous ne récupérez pas la TVA. Un consultant sans frais peut rester en micro très longtemps ; un artisan qui achète de la matière et un véhicule a souvent intérêt à passer en société dès la première année.
Peut-on changer de statut juridique après la création ?
Oui, et cela se fait couramment — mais ce n'est jamais neutre. Passer d'une entreprise individuelle à une société suppose un apport ou une cession du fonds, avec sa fiscalité propre. Transformer une SARL en SAS suppose une décision des associés et, selon les cas, l'intervention d'un commissaire à la transformation. Rien d'insurmontable, simplement du temps et des frais qu'un bon choix de départ évite. Le seul changement réellement simple, c'est l'option fiscale — et encore, certaines sont irrévocables.
Le choix du statut dépend-il de la ville où je crée ?
Non, et c'est une confusion fréquente. SAS ou SARL, la réponse est la même à Pau, à Dax et à Bordeaux : le droit des sociétés est national. Ce qui dépend de la commune, c'est le greffe compétent pour immatriculer, le réseau consulaire, et les aides mobilisables selon la région. Nous traitons les deux, mais ce sont deux questions distinctes.